Las Vegas rend fou. Après être déjà retournée 4 fois là-bas en 1 an, je peux le dire : je suis folle de Las Vegas. J’ai retrouvé des amis complètement déchaînés après leur retour de la Sin City, même des semaines après. Il faut parfois des semaines pour se remettre d’une pleine expérience Las Vegas. La ville scintille, vouée à vous poser un voile devant les yeux, brouillant votre pensée claire, pour finalement vous injecter des fantasmes pailletés. J’ai fait l’analyse de la ville : pourquoi nous rend t’elle si fou/folle ? Sous l’œil de la psychologie de Las Vegas.

La psychologie ne permet pas de lire dans la tête des gens, ce n’est pas de la télépathie, du mentalisme et ou des dons de médium. C’est une science qui étudie les processus mentaux, les sentiments et les comportements des gens. Le psychologue a donc un panel de connaissances qui permet parfois de prédire ou de diagnostiquer des agissements. Il/Elle peut également expliquer des comportements. Autant dire qu’à Las Vegas, il y a de quoi dire et étudier !

La psychologie de las vegas - InhaleTravel
Photo by Sung Shin

Un mélange de psychologies pour un psychédélisme hallucinant

Il existe pleins de champ différents de la psychologie. Dans cette partie, je vais notamment faire référence à la psychologie cognitive et clinique. On va parler sens et addiction, un combo parfait pour sublimer un psychédélisme transcendant à Las Vegas. 

Vous pouvez d’ailleurs cibler votre voyage à Las Vegas autour d’une expérience psychédélique en faisant des attractions étonnantes.

Les sens surchargés: une excitation permanente qui fait perdre le contrôle

Les sens permettent de nous guider : la vue nous permet par exemple de nous diriger et d’éviter les obstacles et l’ouïe nous permet de détecter les éventuels dangers grâce au son perçu au loin. Grâce à l’ouïe on peut également développer le langage et nous permet ainsi de communiquer. Les sens nous sont utiles et donc importants. Cependant, ils peuvent parfois nous faire défaut, selon les stimuli qu’ils perçoivent. Dans la psychologie de Las Vegas, la vue, l’ouïe, et même la proprioception sont sollicitées en permanence. Les millions de lumières de couleurs différentes traversent nos pupilles à chaque instant. La musique et le bruit ne s’arrêtent jamais lorsque nous sommes sur les Strip : marcher sur le trottoir ? Tous les bâtiments jouent leur musique. Traverser un hall d’entrée ? Il y a toujours de la musique. Lorsqu’on rentre dans les immenses casinos-hôtels ? C’est encore une autre musique qui joue…

La hauteur des hôtels, des attractions, les lumières projetées, la foule de passants, les néons et la longueur du boulevard jouent également sur la perception de la grandeur. Cette cacophonie de stimulus perturbe ainsi votre proprioception. C’est à en perdre l’équilibre lorsqu’on contemple chaque détails de la rue. Ils forment une illusion de fantaisie sans fin qui rendent la ville d’autant plus psychédélique.

Notre cerveau est donc déjà passivement submergé d’informations après quelques heures à déambuler sur les Strip. Il ne reste que peu de place pour penser et réfléchir pleinement à d’autres choses. C’est à ce moment là qu’on lâche prise et que l’on rentre pleinement dans l’expérience Las Vegas.

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citation dans Wired magazine

« On se retrouve dans une prison sensorielle. J’essayais de reposer mes yeux alors j’ai regardé les tapis et pensais : « Merde, je ne peux même pas faire ça ici ». » Ce sont les mots de Hunter S. Thompson, l’auteur du livre Las Vegas Parano, adapté plus tard en film. Le journal Wired a dédié un article sur les fameux « tapis moches [des casinos] de Las Vegas« . La légende urbaine raconte d’ailleurs qu’ils décuplent l’envie de jouer aux jeux grâce à leurs motifs psychédéliques.

Photos par Chris Maluszynski /MOMENTChris Maluszynski /MOMENT

Un mentale submergé

Il y a troooop de choses à faire à Las Vegas. Il y en a tellement que personne, à ma connaissance, n’a osé les comptabiliser. Tout est attrait aux fantasmes, à la luxure, à l’envie. C’est tellement fantasque que cela en devient absurde. Et pourtant, tout semble tentant tellement les attractions sont exceptionnelles.

C’est à se contorsionner l’esprit tellement il y a à penser et à faire : voir des requins dans un aquarium traversé par un toboggan-tube, prendre un souvenir photo avec un million de $ gratuitement, admirer le magnifique spectacle des fontaines du Bellagio, observer le ciel bleu parsemé de nuages blancs au plafond, voir le monde exposé à nous sur quelques km seulement. Je parle bien sure des répliques de la tour Eiffel, des canaux de Venise dans le Venetian ou encore de la pyramide de l’Hotel-Casino Luxor. Vous pouvez même aller voir un parc de flamants roses au Flamingo, sauter en parachute au dessus de la ville, vous rendre dans le parc d’attraction le plus haut du monde, situé en haut du Stratosphere et puis sans parler des multiples possibilités de jeux qui s’offres à vous.

Si vous prenez connaissance de toutes les attractions à faire et que vous comptez tout réaliser, vous allez finir submergé d’activités, d’expériences et d’un trop de fantaisie. Un cours séjour ne permet pas de prendre du recul et de digérer toutes les nouvelles informations. Tout ça rempli la tête, fatigue et agite l’esprit. Vous continuerez à avancer dans la folie Vegas, avec des capacités de réflexion et prise de décision raisonnable amoindris. Être contrôlé par ses désires et pulsions devient un scénario plausible.

Comment parler de Las Vegas sans parler d’addiction?

Las Vegas, tout du moins Les Strip, les vacances et la folie Vegas se concentrent autour de la fête, de l’alcool et des jeux. L’alcool coule à flots et les boissons sont distribuées gratuitement aux joueurs. La drogue circule comme dans tous les endroits festifs. Et puis, les casinos sont la première chose à laquelle on pense lorsqu’on réfléchie « Vegas »

Les jeux peuvent devenir une addiction. Être à Las Vegas, c’est comme être plongé dans une partie de Candy Crush. N’avez-vous jamais vu quelqu’un, s’il ne s’agit pas de vous, accro à Candy Crush ? C’est parce que l’application inclus beaucoup d’interactions avec le joueur. Il y a des explosions de couleurs spectaculaires qui sortent de l’écran lorsqu’on fait un joli combo, des bruits d’argent agréables caressent l’ouïe à chaque fois qu’on gagne une partie. Enfin, un algorithme est prévu pour mettre le joueur en tension. Il gagne, puis perd ; il gagne de peu, mais perd ; puis il perd de peu, mais a presque gagné… La sensation de pouvoir réussir se fait notamment grâce aux feintes : lorsque jusqu’au dernier coup, nous nous voyons gagner la partie. Ça me donne envie de jouer rien que d’en parler. 

Avec les machines à sous par exemple, c’est pareille. On entend la roulotte tourner. Elle nous met sous tension en attendant de voir le résultat. Lorsqu’on gagne, même un peu, on entend un bruit d’argent couler à flots, on regagne espoir. Lorsqu’on relève les yeux pour prendre une pause, on voit toutes les lumières du casino flashées de tous les côtés et le bruit des autres machines continuent. Finalement, on ne sort jamais vraiment du jeux. Jouer dans un casino, c’est comme vivre dans une partie de Candy Crush.

La psychologie sociale/environnementale de Las Vegas :

La psychologie sociale rend compte des influences que les autres, en groupe ou individuellement, ont sur nos comportements, nos pensées et nos émotions. Elle peut expliquer pourquoi entre nous, nous interagissons de certaines manières. En ayant connaissance de ces influences, certains les manipulent pour les rendre avantageuses à certains buts…  

 L’environnement joue également un rôle dans tous ces processus. De la même manière que les autres nous influencent, l’environnement nous influence, et inversement. Dans ce champ de recherche, nous touchons à la psychologie environnementale. Dans cet article nous parlerons donc des processus psychologiques qui nous influences au cœur de la psychologie de Las Vegas.

La psychologie sociale et envionnementale pour continuer dans la folie de Las Vegas

Êtes-vous déjà rentré dans ces boutiques où nous sommes obligé de passer par tous les recoins du magasin pour en sortir (Ikea, Flying Tiger…) ? La façon dont sont montés les rayon nous force à passer partout. À Las Vegas, sur le Strip, nous repassons forcément à un moment donné, sans le vouloir, par les casinos.

Un courant de psychologie environnementale, le déterminisme (maintenant dépassé) explique que l’environnement dicte notre comportement. Il suffit ainsi de le changer pour changer le comportement. C’est un peu le modèle de construction des Strip. Le boulevard est tout droit, et pourtant nous changeons toujours de trajectoire, prenons des détours et changeons de trottoir. Tout est prétexte aux détours.

Par exemple, pour traverser la route, il faut presque obligatoirement prendre les escalators qui mènent tout droit dans un autre casino. Le chemin vous guide là où la ville veut vous mener. Il est fait pour que vous en voyiez plus et pour que vous restiez. Et puis, une fois dans le casino, dure-dure de retrouver la bonne trajectoire : tout semble parfaitement en désordre, et il y a trop d’informations pour se repérer facilement. 

 Maintenant, rappelons nous que les sens et les capacités mentales sont englouties, écrasées par toutes les hallucinantes attractions de la ville. Rester centré sur un but devient dure. Même le chemin devient une excuse à détourner son trajet. C’est fait de manière à ce qu’on ne s’arrête jamais.

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Photo by Sung Shin
La psychologie sociale et environnementale pour dépenser:
Dans les casinos

Les casinos pensent le design pour pousser à jouer. Ils font appel à des experts ou des psychologues. On parle même de psychologie des casinos. La plupart des casinos ont gardé leur look de l’époque. Pas à tort. Il garde l’esprit vintage et participe au charme, kitch, de Vegas. Tandis qu’un nouveau design apparaît dans d’autres casinos. Ce dernier semble d’ailleurs très promoteur. 

Les casinos typiques n’ont pas de fenêtres. Avec la lumière tamisée, seuls les lumières flashy telles que le rouge ou le bleu transpercent. Les joueurs perdraient ainsi la notion du temps, dénués des reperds du jour et de la nuit. Les machines et les tables de jeux font la décoration, les plafonds ne sont pas très haut et tout est en désordre. Le joueur est pris dans un labyrinthe et est oppressé par toutes les stimulations. À l’époque, on pensait qu’il fallait attraper et piéger le joueur au plus vite, grâce au design. C’était censé être la combinaison parfaite pour empêcher le joueur de partir et donc de rester.

Aujourd’hui, un nouveau design casse tous les codes et se montre à l’opposé du vieux design. En effet, du labyrinthe, nous passons à un terrain de jeux. L’ambiance est apaisante grâce à une lumière naturelle, des plafonds plus hauts, une musique apaisante et des couleurs douces. Des vrais éléments de décoration sont présents : des plantes aux œuvres d’art. On trouve même une organisation entre toutes les machines, celles-ci sont rangées par type de jeux. Ainsi, une ambiance agréable émerge. Le joueur n’est plus écrasé et oppressé, mais reposé. Des émotions positives peuvent ainsi transporter le joueur, ce qui est parfait pour se sentir à l’aise et faire des paris plus risqués*.

Finalement, le nouveau design garde ce qui fonctionne de l’ancien. Le design compliqué reste similaire : la traversée anarchique des joueurs entre les tables de jeu et machines à sous. Enfin, le contrôle des impulsions est manipulé en incluant de façon stratégique pleins de boutiques et de jeux appétants sur le chemin des toilettes et des restaurants…

Oeuvre de Dale Chihuly
Bar fait de glace

J’ai découvert le concept de ce bar, plutôt par hasard, en recherchant les activités à faire à Las Vegas. Mon œil de future psychologue n’a pu s’empêcher de surgir. Je ne pense cependant pas que le concept soit apparu grâce à des faits scientifiques. En revanche, ils sont pour moi saillant et très enclin à faire dépenser.

Le concept du « IceBar », comme son nom l’indique : c’est un bar entièrement fait de glace. Je le rappelle, en plein milieu du désert. Il fait donc -5 °C à l’intérieur, le comptoir est en glace, tout comme le sont les chaises, la déco, et même les verres ! C’est l’un des rares endroits sur terre où la bière « se rafraîchit en même qu’elle se consomme ». Pour rentrer, il faut payer au minimum 17 $. À ce prix-là, vous avez tout de même les gants et une parka prêtés ! En dépensant plus, vous pouvez avoir accès à plus de choses, incluant les consommations, une photo et un chapeau souvenir. 

Là où ça devient intéressant, c’est lorsque, avec le prix qui augmente, l’habit change. D’une parka, nous pouvons emprunter des manteaux en fourrure de différentes qualités. Ainsi, les clients sont reconnaissables selon leur forfait d’entrée. « Les plus radins » sont différentiables « des plus riches ». Dans une ville où la norme est de flamber, il apparaît logique que se montrer dépenser est mieux perçu. Ainsi, certains se laisseront plus tentés par les forfaits les plus élevés pour correspondre à la norme. C’est assez vicieux et à la fois bien pensé.

Un max de stimulation pour dépenser

Comme on l’a vu plus haut, toutes les stimulations prennent de la place dans les capacités mentales des individus. Celles-ci sont, en effet, limitées pour tout individu normal. De ce fait, il y a moins d’espace de travail dans la tête pour penser aux dépenses. La musique, notamment, joue un rôle sur les ventes. C’est d’ailleurs pourquoi on retrouve de plus en plus de musique trop forte dans les boutiques de vêtements. 

Un voyage dans la psychologie de Las Vegas n’est pas de tout repos, il y a substance à parler. On inhale la poudre aux yeux et exhale le psychédélisme de la ville. Les attractions sont réfléchies selon la psychologie et vous absorbe dans l’expérience et les normes Vegas. La psychologie de Las Vegas laisse un champ large a étudier.

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Photo by Ryan Hafey

Sources & pour aller plus loin :

  • Ugly Vegas carpets want you to keep playing, article dans Wired (à ne pas prendre au pied de la lettre).
  • *études de Finlay, Marmurek, Kanetkar & Londerville (Université de Guelph)
  • Nouveau design par Thomas Roger et son partenaire Steve Wynn

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